Le Règlement délégué (UE) 2026/83 de la Commission du 4 décembre 2025 modifie l’annexe du Règlement (UE) 2016/1675 en ajoutant la Bolivie et les Îles Vierges britanniques à la liste des pays tiers à haut risque, et en retirant le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Tanzanie.
D’un point de vue AML Compliance au Luxembourg, cette mise à jour emporte des conséquences opérationnelles immédiates pour les établissements soumis à la loi modifiée du 12 novembre 2004.
Premièrement, les relations d’affaires et transactions impliquant la Bolivie et les Îles Vierges britanniques devront désormais faire l’objet de mesures de vigilance renforcée (EDD) conformément à l’article 3-2 de la loi AML luxembourgeoise. Cela implique notamment l’obtention d’informations supplémentaires sur le bénéficiaire effectif, la provenance des fonds, la justification économique des opérations et l’approbation par un niveau hiérarchique adéquat.
Deuxièmement, les établissements devront procéder à une mise à jour de leur cartographie des risques pays, de leurs outils de filtrage (screening) et de leurs scénarios de monitoring transactionnel afin d’intégrer ces deux juridictions comme facteurs de risque élevé.
Troisièmement, les politiques internes, procédures KYC et formations devront être adaptées sans délai, le règlement étant d’application directe dans les États membres.
En parallèle, le retrait des six juridictions africaines de la liste européenne implique un recalibrage du niveau de risque pays, sans pour autant exclure une approche fondée sur le risque. Les établissements luxembourgeois devront maintenir une analyse prudente, notamment lorsque d’autres facteurs de risque subsistent.
Enfin, cette évolution souligne la nécessité d’une veille réglementaire proactive et d’une coordination étroite entre Compliance, Risk et Opérations afin d’assurer une implémentation rapide et documentée, répondant aux attentes de la CSSF en matière de gouvernance AML/CFT.
Bolivie et Îles Vierges : vigilance renforcée. Retrait d’autres pays ne change rien à la prudence, la coordination Compliance-Risk reste essentielle!